« Nous ne sommes pas contre tout. Nous sommes contre n'importe quoi, n'importe comment. » (Comme cela se passe sur Churchill)


(voir également en "documents" l'article sur les passages zébrés en diagonales)

Le Bourdon a peur d'être écrasé

(www.lesoir.be - BENOIT MATHIEU - mercredi 04 novembre 2009)

La plaine du Bourdon et ses alentours, au sud d'Uccle, sont au coeur de vastes projets immobiliers. Les riverains dénoncent la démesure des projets et s'inquiètent des conséquences pour la qualité de la vie dans leur quartier.

Disproportionnés, démesurés, énormes » : voilà comment les riverains de la plaine du Bourdon qualifient les projets qui s'amoncellent autour de leur quartier. Il est vrai que le sud d'Uccle est l'objet d'une intense activité immobilière. « A terme, ce ne sont pas moins de mille logements qui vont être construits dans les alentours du Bourdon », renseigne l'échevin de l'urbanisme Marc Cools (MR). Dans le coin, les habitants ont recensé jusqu'à dix-huit chantiers en cours ou à venir. « Nous ne sommes pas contre tout, prévient Françoise Carlier, pour le comité de quartier Bourdon. Nous sommes contre n'importe quoi, n'importe comment. »

Ce mercredi, le Bourdon sera au cœur du débat : les 102 logements, le home de 126 chambres ainsi que la crèche projetés sur la partie privée de la plaine passent en commission de concertation. « Nous regrettons l'absence d'une étude d'incidences globale, portant sur tout le quartier. A ce jour, la mobilité est déjà un cauchemar : les transports en commun sont déficients, le manque de parking est criant et les voiries sont plus que saturées. On parle de faire du logement partout, mais on passe sous silence le besoin d'infrastructures : les commerces, les crèches. L'école de Calevoet est bondée, pourquoi ne pas prévoir son extension ? Dans le programme du gouvernement, il est indiqué que les nouvelles constructions devront se faire dans une optique durable. Est-ce cela : une avalanche de logements, sans aucune des infrastructures nécessaires ? »

Autre souci, partagé par la commune : la gestion de l'eau. « On parle d'anciens marécages, formant le fond d'une cuvette, s'inquiète Françoise Carlier. Si tout est bétonné, cela va devenir une nouvelle place Flagey ! Le bassin d'orage prévu est insuffisant. »

Mais ce qui hérisse surtout les habitants, c'est l'envergure des projets. « Les gabarits sont disproportionnés et en rupture avec l'harmonie du bâti existant. Le projet régional sur la plaine comporte 9 étages, soit 27 mètres de haut de logements sociaux. Une cage à poules horrible. On ne va quand même pas recréer des tours comme au Merlo, des ghettos. L'autre projet de la Région, chaussée d'Alsemberg, est tout aussi choquant en termes de mixité sociale : les logements moyens sont totalement séparés des sociaux. C'est un retour aux années 60 ! »

L'exemple à suivre, selon le comité Bourdon, se trouve à deux rues de là : rue Vervloet. « Ce projet se compose de 34 maisons sociales, dans les gabarits du quartier. Il garantit une vraie mixité : on ne voit même pas que c'est du social ! » Base d'un « projet alternatif » soutenu par les riverains, il prévoit, sur la plaine, des maisons sociales, de type rez + 2. Plus une infrastructure d'accueil des spectacles du cirque Pauwels, menacé d'expulsion, ainsi que d'autres artistes. « A Paris, il y a un cirque d'hiver, pourquoi pas à Bruxelles ? » Sans oublier de l'espace pour du commerce.