2016

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Texte de Fred Vargas (archéologue et écrivain qui vend plus de livres en un jour que n'en vendra notre ministre en 20 ans),


que ferait bien de méditer Pascal Smet et de ne pas détruire ce qui reste, par chance ou hasard, comme arbres dans nos villes. Fred Vargas vit et écrit selon ses principes et non selon des intérêts politiques.

Nous y sommes !

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l'incurie de l'humanité, nous y sommes.

Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l'homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu'elle lui fait mal.

Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d'insouciance.
Nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l'humanité tandis que le reste était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l'eau, nos fumées dans l'air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu'on s'est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles : faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l'atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.

Franchement on s'est marrés.

Franchement on a bien profité.

Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu'il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.

Certes.

Mais nous y sommes.

A la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu'on ne l'a pas choisie.

« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.

Oui.

On n'a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis.

C'est la mère Nature qui l'a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.

La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets.

De pétrole, de gaz, d'uranium, d'air, d'eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l'exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d'ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu'on n'a pas le choix,

On s'exécute illico et, même, si on a le temps, on s'excuse, affolés et honteux.

D'aucuns, un brin rêveurs, tentent d'obtenir un délai, de s'amuser encore avec la croissance.

Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l'humanité n'en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l'eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l'avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n'en a plus, on a tout pris dans les mines, on s'est quand même bien marrés).

S'efforcer. Réfléchir, même.

Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire.

Avec le voisin, avec l'Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution.

Pas d'échappatoire, allons-y.

Encore qu'il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l'ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante.

Qui n'empêche en rien de danser le soir venu, ce n'est pas incompatible

A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie une autre des grandes spécialités de l'homme, sa plus aboutie peut être.

A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas
Archéologue et écrivain

Des rituels étranges observés chez les chimpanzés



Lien : des rituels étranges chez les chimpanzés

singe


Non ce sont les habitants de Winston Churchill qui veulent protéger leurs marronniers……
Bien que sous les arbres de Churchill ce sont des homostibiens qui posent des rails , considérés comme sacrés et intouchables

1992 – 2016, 25 ans plus tard


25 ans plus tard , la lecture de cet article du soir laisse rêveur. 25 ans de résistance , pas une branche tombée.
Et enfin on élague autrement , avec respect. Ils avaient 80 ans , nous les avons sauvés pour devenir plus que centenaires .

LES ARBRES DE L'AVENUE CHURCHILL PAIENT LES MAUVAIS TRAITEMENTS QU'ON LEUR INFLIGEA HIER LES MARRONNIERS NE SE PORTENT PAS...
BOURTON,WILLIAM, Page 17

Mardi 17 novembre 1992

Les arbres de l'avenue Churchill payent les mauvais traitements qu'on leur infligea hier
Les marronniers ne se portent pas comme des charmes
On s'en souviendra du 11 novembre 1992! Du nord au sud du pays, Éole souffla la tempête. Déchaîné, il arracha tuiles et cheminées et fit se cambrer les arbres. Hélas! certains vénérables feuillus ne résistèrent pas à ces mauvais traitements, qui se couchèrent pour le compte!
À Bruxelles, l'avenue Churchill fut plus particulièrement touchée. Un vénérable marronnier d'Inde s'écrasa avec fracas, entre la ligne de tram et la chaussée. Raide mort. Heureusement, on ne déplora ni blessé, ni véritables dégâts matériels...
Cet accident était-il prévisible? C'est la question à cinq francs... À en parcourir certains rapports d'expertises horticoles, on peut répondre par l'affirmative! Dressons le tableau.
La plupart des marronniers de l'avenue Churchill affichent 80 ans au compteur. Seuls un petit nombre d'entre eux ont été remplacés par de jeunes pousses... aujourd'hui âgées de 12 à 15 ans.
À première vue, ces marronniers ont l'air de se porter comme des charmes. Mais, en botanique comme partout, il ne faut pas toujours se fier aux apparences. Ici, au feuillage... Explications.
Au fil des ans, afin de protéger les caténaires des trams, on a coupé pas mal de branches de nos braves sentinelles vertes. Ce type d'élagage a causé de larges plaies - de 25 centimètres de diamètre, en moyenne - qui ne se sont jamais vraiment cicatrisées. Et, faute de soins, des moisissures s'y sont infiltrées. Moralité: un certain nombre d'arbres sont complètement pourris de l'intérieur!
D'autres «mauvais traitements» sont à épingler. Plusieurs marronniers ont ainsi été autrefois étêtés. Ce qui ne favorise pas la qualité et la durée de vie de l'arbre... On peut également constater que bon nombres d'éléments possèdent une couronne trop lourde, côté chaussée. Une situation passablement dangereuse! Pour le reste, presque tous les arbres ont eu à souffrir de dégâts causés par les voitures.
Selon les spécialistes, la vie des arbres de la belle avenue Churchill a donc été singulièrement abrégée par manque d'entretien! Et les atteintes sont souvent tellement importantes qu'aucune intervention «arbro-chirurgicale» ne pourrait arranger les choses!
La solution, pour éviter tout drame? L'administration régionale de l'équipement la connaît. Elle est radicale: il faut élaguer au plus vite les sujets malades et couper ceux dont la stabilité ne peut plus être assurée. Des mesures en ce sens ont déjà été prises.
Le 14 février, un rapport d'expertise signala que huit marronniers devaient être abattus d'urgence. Un avis confirmé par les spécialistes de la commune d'Uccle, qui ont, eux aussi, examiné les malades.
Le 30 mars, le bourgmestre André Deridder signifia à la Région qu'il souhaitait l'abattage dans les plus brefs délais. La Région fit donc procéder d'urgence à ce travail...
Visiblement, il conviendrait de poursuivre les auscultations, avant que le dieu des vents ne fasse un nouveau caprice!
WILLIAM BOURTON

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