2016

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Classement de la villa Le Puy Fleury


Le premier est la demande de classement de la villa Le Puy Fleury , datée du 18 juillet 2013

Cette demande de classement est justifiée par la proposition de la CRMS ,le gouvernement de BXL Capitale ,le Collège d'Uccle et proposée par le ministre président , Rudy Vervoort

Quelles garanties de classement !!! d'autant que suit en seconde page ce texte :Le ministre qui a les monuments et sites dans ses attributions est chargé de l'exécution du présent arrêté!

Donc on peut penser que c'est ''bétonné' non , car le ministre chargé d'exécuter , Emir Kir à l'époque , a scandaleusement laissé se périmer cette demande de classement pourtant si évidente, et cela sans que personne , sauf les promoteurs (!) ne le sachent.

D’où la demande renouvelée des promoteurs le 13 septembre 2016 ( voir le texte posté en dessous) à Uccle , qui statue en concertation le même jour en donnant un avis absolument négatif.

Cela n'arrête pas les vrais bétonneurs , qui réintroduisent la demande modifiée, avec tranchette de la villa , et ce malgré tous les avis négatifs , les concertations , les oppositions des riverains , architectes et protecteurs de patrimoines.

Une histoire Belge ?

Document "Arrêté du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale : ICI

commission concertation 23 septembre puy fleury uccle urbanisme - avis défavorable


Commune d’Uccle – Service de l’Urbanisme Commission de Concertation
Séance du 23/09/2015
Objet n° 19 - Dossier 16-40634-2012- Enquête n° 054/13
Demandeur : Monsieur Robert Fischer YO S.A.
Situation : Avenue Winston Churchill de 228 à 228A
Objet : Démolir une maison et reconstruire un immeuble à appartements

AVIS

Considérant qu’en ce qui concerne le repérage administratif et la procédure Vu la demande de permis d'urbanisme n°16-40634-2012 introduite le 06/07/2012 par (la) S.A. YO c/o Monsieur Robert Fischer et visant Démolir une maison et reconstruire un immeuble à appartements sur le bien sis Avenue Winston Churchill de 228 à 228A;

Vu que le plan régional d'affectation du sol (PRAS) situe la demande en zone d'habitation le long d’un espace structurant couvert par une ICHEE;
Considérant que les mesures particulières de publicité ont été requises pour les motifs suivants :
O motifs inhérents au plan régional d'affectation du sol :
O application de la prescription générale 0.5. du PRAS (projets de construction ou de lotissement sur une propriété plantée de plus de 3.000 m²)
O application de la prescription générale 0.12. du PRAS (modification (totale ou partielle) de l'utilisation ou de la destination d'un logement ou démolition d'un logement)
o motifs inhérents au CoBAT :
o motifs inhérents à l’application d’une règlementation urbanistique (plan ou règlement d’urbanisme) ou à une demande de dérogation à celui-ci : demande régie par un plan particulier d'affectation du sol et/ou un permis de lotir :
o application de l’article 155§2 du CoBAT : demande de dérogations suivantes à un règlement d’urbanisme pour un projet situé dans un PPAS :
O dérogation à l'art.6 du titre I du RRU (toiture - hauteur)
O dérogation à l'art.4 du titre I du RRU (profondeur de la construction)
O Motifs inhérents au caractère mixte de la demande (permis d'urbanisme / permis d'environnement) ou à l’évaluation préalable des incidences qu’elle engendre
O demande soumise à rapport d'incidences (article 143 du CoBAT – Annexe B – rubrique n°) :
O application de l'art. 147 du COBAT: demande soumise à rapport d'incidence (garages, emplacements couverts où sont garés des véhicules à moteur (parcs de stationnements couverts, salles d'exposition ...) comptant de 25 à 200 véhicules automobiles ou remorques)
O Permis d'environnement : 1A ou 1B, application de la prescription générale Considérant que l’avis de la Commission de concertation est requis pour le motif suivant:
o application de l’article. 207 §1, alinéa 4 du CoBAT : demande portant sur un bien inscrit à l'inventaire du patrimoine immobilier Vu les résultats de l’enquête publique qui s’est dé roulée du 21/03/2013 au 04/04/2013 inclus, et le très grand nombre, la teneur des réclamations, observations, pétitions et l’argumentaire y développé ;

Considérant que les réclamations ont portées sur les aspects suivants:
Concernant la destruction de la villa :
• Tous s’opposent à la disparition de cette villa normande du début du 20
Eme siècle, de grande qualité architecturale et esthétique et veulent préserver l’avenue Churchill, riche témoin, par certains bâtiments, d’un bâti historique exceptionnel et par là, préserver le patrimoine architectural de la Commune d'Uccle.
• Elle a été déjà sauvée de la destruction en 1981 et en 2004, et est toujours dans un bon état d’entretien, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Le projet :
• Ensoleillement : le projet comporte des débords importants et des terrasses proéminentes qui forment un écran à l’ensoleillement et créent des zones d’ombre sur les terrasses de l’immeuble du n°232
• Vues : le n°232 perdra son intimité sur la terrasse arrière
• Arbres : le projet fera disparaître un grand nombre d’arbres à l’arrière
• Isolation : rien n’est dit sur l’isolation acoustique et thermique du mitoyen
• Un bloc de 25 appartements et autant de parking banalisera les perspectives de cet espace en offrant un front bâti continu.

Considérant que la chronologie de la procédure est la suivante :
06/07/2012dépôt de la demande
06/07/2012 accusé de réception d’un dossier complet
21/03/2013 au 04/04/2013: enquête publique sur la demande telle qu’introduite
23/05/2013:séance publique de la Commission de concertation
23/05/2013 : report d’avis de la Commission de concertation, vu la prise d’acte du Gouvernement sur la demande de classement de la maison en date du 18/04/2013 , en vertu de l’article 194, la procédure de demande de permis d’urbanisme est suspendue jusqu’à décision du Gouvernement, d’entamer ou non la mesure de classement
Vu l’arrêté du Gouvernement entamant la procédure de classement comme monument de la totalité de la Villa « Puy Fleuri le 18/07/2013, notifié le 02/08/2013, entraînant l’application des articles 231 à 237 et 175 4°, du CoBAT : demande portant sur un bien classé ou en cours de classement;

Considérant que la procédure de classement est devenue caduque le 02/08/2015, en l’absence d’une décision du Gouvernement dans le délai de rigueur et que dès lors, la procédure d’instruction de la demande de permis d’urbanisme doit être reprise au stade de l’avis de la Commission de concertation Vu les avis des services techniques communaux consultés en cours de procédure, à savoir :

O l’avis du Service Vert émis le 11/12/2012 Conditions nécessitant une modification des plans et insérées directement dans la motivation en
application de l’article 191 du COBAT:
o Abattage d’arbre(s) : Le grand charme à abattre se situe sur la propriété avoisinante n° 226. Y-a-t-il une autorisation écrite du propriétaire ? Pour le reste pas d'objections à condition de se limiter aux arbres indiqués sur plan n° 20 (plan d'abattage).
O Replantations : Très beau projet.
1°: respecter les distances légales,
2°: le choix de Fagus sylvatica ne nous semble pas la bonne essence à planter à front de rue ni en bordure de parcelle ou au bord de parkings souterrains vu le développement énorme d'ici quelques dizaines d'années.
O l’avis du Service Technique de la Voirie émis le 13/12/2012 Conditions nécessitant une modification des plans et insérées directement dans la motivation en application de l’article 191: Bassin d’orages individuel
- La capacité du bassin d'orage doit être portée à 50 litres d’eau par m² de surfaces de toitures et autres surfaces imperméabilisées et drainées ver s l'égout ; l'orifice d'ajutage du bassin d'orage (Ø 150mm selon le plan du sous-sol) doit être réduit et dimensionné pour permettre un débit de fuite égal à maximum 10% du débit entrant en tenant compte d'une pluie décennale de 20 minutes.
- Afin d'éviter l'imperméabilisation d'une portion supplémentaire de sol, la citerne à récupération et le bassin d'orages devraient dans la mesure du possible être inclus dans la zone bâtie.
- Le plan sera complété d'une note de calcul détaillant les surfaces imperméabilisées ventilées par nature, le traitement réservé aux eaux de chaque surface imperméable (rejet à l'égout, infiltration, rejet en surface), le débit total entrant dans le bassin d'orage, le débit sortant, les caractéristiques du bassin d'orage (diamètres entrant, de fuite et de trop-plein, capacité de tampon en m³, implantation) et l'endroit du raccordement ou du rejet.
- La note doit être soumise à l'approbation de Vivaqua avant la mise en œuvre du permis.
Vu les avis rendus par l’instance les instances consultées en cours de procédure, à savoir :
O l’avis de la CRMS émis le 28/05/2013, et portant sur la demande de maintien de la maison existante, en tant que derniers témoins des maisons de maîtres de cette avenue de prestige ;
O l’étude historique sur le bien, établie par les architectes S Wautier et JL Vanden Eynde, à la demande de la SA CIEL ;
Vu l’avis du SIAMU émis le et joint à la demande:

Considérant qu’en ce qui concerne l’historique des demandes de permis d'urbanisme à cette adresse :
La maison fait l’objet de la présente demande de permis d'urbanisme n°16-40634-2012, (démolition et reconstruction d’un immeuble de mitoyenneté à mitoyenneté) dont l’instruction a été suspendue après l’enquête publique et avant la séance publique de la Commission de concertation, en raison de la proposition de classement émanant de la CRMS.
• A l’origine, la maison a fait l’objet des permis d'urbanisme n°510 (délivré le 13.08.1923 et autorisant la construction de la maison proprement dite), n°890 (délivré le 13.03.1924 et autorisant d’un garage avec habitation en fond de parcelle) et n°1011 (délivré le 13.05.1924)
• Elle a ensuite fait l’objet de transformations :
• permis d'urbanisme n° 21826 délivré le 14.04.1961-extension à l’arrière, rez-de-chaussée et 1er étage, en mitoyenneté de gauche
• permis d'urbanisme n°29.237 délivré le 27.02.1984
– agrandissement de la maison arrière, affectation de la maison principale en bureau, parking de 15 emplacements en intérieur de l’îlot)
• le bien a ensuite fait l’objet d’une première demande de démolition (dossier n°16-36157-2003
– refus du permis d'urbanisme tant par le Collège des Bourgmestre et Echevins que par le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale au terme d’une procédure de recours administratif)
• la conciergerie, déjà agrandie par la mise en œuvre du permis d'urbanisme n°16-29.237-1983 a récemment fait l’objet d’un autre permis d'urbanisme pour transformation (16-39928-2011) ;

Considérant que les caractéristiques des lieux et la situation existante font apparaître ce qui suit :
O Le quartier dans lequel se situe la demande est caractérisé par un habitat en ordre ouvert et semi-ouvert, traversé par l’axe structurant de l’Avenue Winston Churchill, voirie emblématique des larges avenues principales de la ville au début du siècle dernier et comprenant à la fois de belles maisons de maître isolées, jumelées ou groupées, et de nombreux immeubles plus récents, en ordre continu et de gabarits plus importants ;
o Dans ce tronçon de la rive Nord de l’avenue, entre la rue Dodonée et le Rond – Point Churchill, où s’implante la demande, la typologie du bâti se caractérise par un font bâti continu d’immeubles de logement et de grand gabarit, qui comprend une seule respiration que représente la parcelle de la demande et l’occupation de celle-ci :
o Orientée Nord côté jardin et Sud côté avenue, le terrain présente une largeur de 23,68mètres à l’alignement et une très grande profondeur ;
o La maison, de type trois façades, existante à l’avant de la parcelle est affectée en bureaux et s’implante avec léger recul par rapport à la voirie et présente un pignon en mitoyenneté gauche de la parcelle ;
o cette villa « Puy Fleuri » du début du 20ème siècle (permis n°16-510-1923), présente des qualités architecturales et esthétique typiques du
style « cottage » ou « éclectique pittoresque », et fait partie des derniers vestiges des nombreuses maisons de maître de l’avenue Churchill, riche témoin d’un bâti historique du patrimoine architectural de la Commune d'Uccle.
O Les dernières visites ont montré un très bon état de conservation de l’immeuble, autant intérieur qu’extérieur ;
O La maison comprend un jardin très arboré :
-vu son implantation entre deux mitoyens de très grands gabarits, soit+6+étage en recul, elle comprend de grands hêtres le long du mitoyen droit et cachant celui-ci ;
-L’aménagement paysager de l’arrière de la maison est celui d’un parc, traversé en limite latérale droite par un chemin d’accès vers la maison de fond de parcelle et d’un parking paysager à l’usage des bureaux;
O La maison unifamiliale du fond de parcelle, adossée aux jardins des propriétés de l’avenue Bel-Air, a fait l’objet d’une rénovation afin de la doter du confort et espaces contemporains, objet du permis n°16-39928-2011,
o L’immeuble voisin de gauche n°230 présente un grand gabarit de R+6+étage en recul et une profondeur de bâtisse beaucoup plus importante que celle de la maison existante de la demande, laissant apparaître une grande partie de son pignon peu esthétique;
o L’immeuble de droite de la demande présente un gabarit de R+6+étage en recul, ce qui laisse également apparaître la partie supérieure et peu esthétique du pignon, au-dessus des couronnes des arbres ;
o L’immeuble suivant à droite présente un gabarit de R+7+étage en recul ;
o L’intérieur de l’îlot comprend de très beaux arbres Considérant que la demande telle qu’introduite:
o Démolit la villa « Puy fleuri » trois façades existante à usage de bureaux, construite entre les immeubles voisins et conserve l’aménagement du fond de parcelle ainsi que la maison rénovée récemment ; Vise :
o la construction d’un immeuble à appartements de grands gabarit, fermant l’ouverture du bâti existant de mitoyen à mitoyen, à l’instar des immeubles voisins ;
o l’abattage des arbres existants dans cette zone et le maintien du parc avec ses plantations en intérieur d’îlot ;
o le maintien de la maison en fond de parcelle et son accès via une ouverture sous forme d’arcade dans le nouvel immeuble ;
o Le nouvel immeuble mitoyen:
o est implanté à l’alignement des autres immeubles de l’avenue, avec zone de recul plantée par rapport à l’avenue ;
o présente un gabarit de R+6+étage en recul, présente des hauteurs de façade similaires mais plus importantes que celles des deux immeubles voisins;
o ajoute à ce gabarit la création d’un volume supplémentaire au milieu de la toiture au 8ième étage, objet également d’une dérogation au RRU, titre I article 6;
o présente un profil mitoyen plus important que l’immeuble le plus haut ;
o présente une profondeur de bâtisse plus importante en implantation et au centre de la parcelle jusqu’au 6ième étage (cette profondeur étant l’objet de la dérogation à la profondeur de bâtisse du RRU titre I article 4);
o opte pour un parti architectural contemporain aux grandes baies vitrées et profondes terrasses en porte-à-faux, qui crée une ouverture s
ur deux niveaux vers l’intérieur de l’îlot, comprenant l’entrée piétonne vitrée, l’entrée vers le garage et l’accès vers l’arrière de la parcelle;

Considérant que la demande telle qu’introduite suscite les considérations générales suivantes :
O Vu le nombre de réclamations introduites en cours de procédure en vue du maintien de la villa existante ;
o Malgré l’absence de décision quant au classement définitif du bien, la valeur patrimoniale de la maison et les particularités des lieux justifient cependant son maintien et notamment:
o Son importance comme témoin historique des maisons de maîtres de l’avenue « Longchamp » ;
o Sa présence architecturale le long de cette avenue de prestige couverte par une ZICHEE ;
o La volonté urbanistique du PRAS qui a créé une ZICHEE sur cette avenue en vue d’en protéger les éléments historiques qui font partie de son prestige ;
o La rupture dans le front bâti existant, qui se marque également très fort par le couvert végétal qui s’est développé sur cette parcelle et qui crée une belle respiration dans le tissu bâti continu des grands immeubles;
o Le fait que les deux grands murs mitoyens qui bordent la façade pourraient faire l’objet d’une isolation pour les logements mitoyens, avec une finition esthétique et même l’objet de projet d’architecture ou artistique et/ou verdurisée ;
o les possibilités de transformation, notamment vers l’arrière du bâtiment, permettraient de conserver les caractéristiques urbanistiques remarquables ;

Considérant que la demande telle qu’introduite suscite les considérations particulières suivantes :
O en matière de programme :
O La démolition de la maison existante ne peut s’envisager au vu de son caractère patrimonial, parmi les derniers témoins des maisons de maître de l’avenue « Longchamp » et dont seulement quelques maisons rappellent ce passé fastueux ;
O Anciennement et du temps de l’avenue « Longchamp », l’avenue Churchill présentait un habitat en ordre ouvert et semi-ouvert, formé essentiellement d’hôtels de maître remarquables et implantés dans la verdure, ce qui participait fortement à la valeur verdurisée de l’espace public et à l’intégration de cette avenue dans le « park system » appliqué au début du XXiéme siècle par Victor Besme, aux grandes avenues arborées du Sud de Bruxelles, à proximité de la Forêt de Soigne
s, formant ainsi un maillage de grands axes verdurisés;
o Aujourd’hui, les immeubles de logements à grands gabarits sont implantés en ordre continu dans l’avenue Churchill et seuls, les quelques vestiges prestigieux de ce passé glorieux forment des respirations dans le tissu bâti et permettent des vues vers les intérieurs d’îlot et leur frondaisons, ce qu’il s’indique de protéger ;
o La demande s’implante sur une de ces seules parcelles permettant une rupture de ce bâti en ordre continu et assurant le caractère vert de cette avenue de prestige, ce qu’il s’indique de conserver ;
o Le grand pignon mitoyen de droite n°232 devient, au fil des années moins visibles depuis l’espace public en raison des grands arbres qui sont implantés le long de cette mitoyenneté ;
o Les deux pignons pourraient faire l’objet d’une isolation nécessaire pour les logements, ainsi que d’une œuvre artistique de type façade ver
te, de fontaine ou tout autre approche de cet type, en vue d’enrichir les caractéristiques patrimoniales de la parcelle ;
o Le grand immeuble de 25 logements projetés sur cette parcelle, permet d’intégrer les parkings et d’améliorer l’intérieur de l’îlot, mais:
o présente trop de dérogations au RRU en profondeur et en hauteur ;
o crée une dérogation à la profondeur de bâtisse trop importante au vu du nombre de niveau sur lequel elle est conservée (jusqu’au 6ième étage) ;
o ne respecte pas le profil de l’immeuble le plus haut et les reculs des volumes en toiture, à l’instar des immeubles voisins ;
o crée un impact trop important du volume bâti au vu de la profondeur de ses balcons, dont ceux implantés aux abords des limites mitoyennes ne respectent pas le code civil en matière de vue ;
o n’offre pas une rupture du bâti à l’échelle du projet vers l’intérieur de l’îlot;
o fait disparaître les beaux arbres qui forment une des seules respirations dans ce grand front bâti très dense de « type bord de mer »;
o n’est pas respectueux de la villa existante et du passé prestigieux de cette avenue et en conséquence de la volonté du PRAS et de la ZICHEE qui couvre le bien ;
O n’assure pas la respiration du bâti de cette avenue prestigieuse ;

Considérant également que, vu l’historique du dossier, et notamment le fait que la villa a pu être affectée exceptionnellement en bureau en vue de son maintien (permis n°29237, délivré le 27/02/1984), il n’y a pas de raison de changer d’optique actuellement ;

Considérant également que seul un projet qui respecterait la villa existante pourrait s’envisager sur cette parcelle, tout en gardant une rupture du front bâti et une ouverture vers l’intérieur de l’îlot

Considérant qu’en matière d’aménagement des abords
et de couvert végétal :
o Un projet alternatif pourrait également intégrer les parkings aux sous-sols et créer un véritable parc à l’arrière de l’immeuble, avec plantation de beaux arbres ;
o Une finition des murs mitoyens verdurisée, sculpturale ou de ce type participerait à la verdurisation de l’espace public et à la valorisation du bien

Considérant qu’au regard des différents motifs de mesures particulières de publicité, le projet a suscité les observations suivantes :
O En ce qui concerne la prescription générale 0.5. du PRAS (projets de construction sur une propriété plantée de plus de 3.000 m²), le projet de construction :
o s’implante en continu entre les grands mitoyens,
o supprime toutes les vues vers cet intérieur d’îlot;
o supprime, outre la démolition de la villa, les frondaisons et la respiration dans cette axe structurant couvert par une ZICHEE, ce qui ne peut s’envisager ;
o En ce qui concerne l’application de la prescription générale 0.12. du PRAS (modification (totale ou partielle) de l'utilisation ou de la destination d'un logement ou démolition d'un logement) :
o La maison a déjà fait l’objet d’un changement d’affectation en bureau, via le permis n°29.237 délivré le 27.02.1984 ;
o En ce qui concerne les dérogations à l'art.4 et 6 du titre I du RRU (profondeur et hauteur de la construction), le projet tel que présenté ne peut s’envisager parce qu’il ne respecte pas la maison existante et présente trop de dérogations cumulées (hauteur de façade, reculs du 7ième étage, respect du profil mitoyen de gauche, profondeur des étages en façade arrière et emprise solaire en résultant pour les logements de droite,...)
O En ce qui concerne l’application de l'art. 147 du COBAT: demande soumise à rapport d'incidence (garages, emplacements couverts où sont garés des véhicules à moteur (parcs de stationnements couverts, salles d'exposition ...) comptant de 25 à 200 véhicules automobiles ou remorques), permis d'environnement de classe 1B,la demande a été analysée par la cellule incidence de la Région ;
o En ce qui concerne le motif d’avis de la Commission de concertation, le projet de démolition de la maison existante est inacceptable en raison des nombreux arguments développés ci-avant et notamment :
o La présence architecturale de qualité et le caractère patrimonial de la maison existante à l’échelle du piéton dans l’avenue ;
o La valeur patrimoniale du bien en tant que dernier témoin des maisons de maître de cette avenue prestigieuse et objet de la ZICHEE que le PRAS a instauré en vue de leur protection ;
o La rupture dans le tissus bâti continu des immeubles de grands gabarit qui ont modifié la typologie de l’avenue et en ont supprimé les importantes frondaisons ;
o la présence des grands murs mitoyens qui pourraient faire l’objet d’un aménagement alternatifs, architectural, artistiques ou paysager , afin d’enrichir le caractère patrimonial du bien ;
O l’historique du dossier et le fait que la villa a déjà bénéficié d’une faveur urbanistique lors de sa demande de changement d’affectation en bureaux ;
O Les possibilités de reconvertir cette villa en logement et de lui offrir des espaces de jour contemporains, largement ouverts vers le jardin ;
O Les possibilités de projets alternatifs sur la parcelle, afin d’en enrichir le caractère patrimonial et d’en faire une parcelle d’exception

Considérant en conséquence que la demande ne répond pas au bon aménagement des lieux Avis DEFAVORABLE majoritaire en présence des représentants de la Commune, de CITYDEV, de la DMS et de l’IBGE BDU s’abstient.

Le paysage urbain bruxellois : Commentaire concernant la question des différences de gabarits


UNE TRANCHE DE VIE, UNE TRANCHE DE VILLE : LE CAS DE L’AVENUE CHURCHILL.

Bruxelles, c’est connu, n’est pas une ville homogène. Notre ville n’est pas Bruges, n’est pas Amsterdam ou encore moins Paris. Bruxelles, c’est la ville des antithèses, des contrastes, des compromis. Le paysage urbain y démultiplie joyeusement ses visages au rythme de ses humeurs et de son parcellaire caractéristique. En savoir plus.
Dans son état actuel l’Avenue Churchill constitue un bel exemple de Belgitude. Après la seconde guerre mondiale l’avenue changea de nom en même temps qu’elle se métamorphosa. Si bien qu’aujourd’hui des tranches d’avenue Churchill côtoient des tranches d’avenue Longchamp. Ci-et-là de séduisantes villas bourgeoises, vestiges d’un passé opulent, semblent narguer les imposants paquebots résidentiels construits par la suite.
La présence des imposants murs mitoyens aveugles peut, en première lecture, paraitre assez incongrue. Or, il faut dépasser cette première lecture et considérer l’avenue dans sa globalité. Car quoi ? Faudrait-il, au nom d’une fictive cohérence urbanistique, démolir soit toutes les maisons anciennes soit tous les immeubles modernes de l’avenue ? Non bien entendu, car c’est justement cette succession de temps forts et de temps faibles qui en fait son originalité.
Au lieu d’appréhender négativement les inégalités de gabarits voyons plutôt comment établir un dialogue entre les pignons aveugles et les villas et hôtels de maitre qu’ils enserrent. Au point de vue pratique les possibilités sont multiples : végétalisation des murs, apposition d’une fresque, d’un motif pictural en rapport avec les lieux, le percement d’éventuelles ouvertures ou tout simplement la mise en peinture des pignons. D’autres villes, d’autres communes fourmillent d’exemples qui peuvent servir d’inspiration. Tout dépend évidemment du budget disponible pour ce faire…

villa pelseneerCi-dessus : La Villa « Pelseneer » (avenue Churchill 51), classée comme monument historique.

UN JEU DE PASSE-PASSE
Le caractère hétérogène de l’architecture bruxelloise résulte en partie d’une tendance historique et chronique à privilégier l’initiative individuelle. La Grand Place en est sans doute l’exemple le plus éclatant. Il faut néanmoins être vigilant car si dans certaines conjonctures favorables cette tendance a pu enrichir notre environnement urbain, en d’autres circonstances elle peut rapidement annihiler la plus-value précédemment acquise.
L’ENVERS DU DÉCOR
En tant que tel un mur mitoyen est peu séduisant puisqu’il constitue un « mur d’attente ». Généralement le constructeur n’a pas pris la peine de lui donner un traitement particulier. Ce n’est donc pas tant les contrastes de gabarits entre deux immeubles qui gênent le regard du passant mais davantage la sévérité de cette muralité brute.

villa pelseneer 1Ci-dessus : La Villa du Puy Fleury, 228 et 228a avenue Churchill.

villa pelseneer 2Ci-dessus : Villa au 167 de l’avenue Churchill.