Bilan de la majorité uccloise (Le Soir)


(Le Soir - 19/11/2009)

Sang neuf, brique à gogo et amabilités
BENOIT MATHIEU

Uccle. Douzième commune de notre série dressant le bilan des majorités issue du scrutin de 2006.

Depuis le retour gagnant d'Armand De Decker (MR) fin 2006, la vie politique uccloise a retrouvé son calme d'antan. Un peu trop ? « Il ne se passe rien », ironise Stéphane de Lobkowicz, le diablotin de l'opposition estampillée « Union communale ». « Le collège fait de la gestion quotidienne, mais tout cela manque de panache », enchaîne Ecolo. Ce n'est, évidemment, pas l'avis du maître des lieux. Qui a ressorti la déclaration de politique générale de sa majorité, afin de se féliciter de tout ce qui a déjà été accompli.

Mobilité. « Le service de mobilité a été créé », entame le bourgmestre. « Le plan communal de mobilité est ambitieux », reconnaît Ecolo. Vous vous en doutez, il y a un « mais ». « Sa concrétisation est lente et difficile. La voiture reste omniprésente. Uccle refuse de toucher au stationnement – il faut dire que l'électorat MR n'est pas très branché mobilité douce. »

Environnement. C'est la dernière grande réalisation de la majorité : sous le label « Agenda 21 », un vaste plan décliné en 103 propositions. Adopté à l'unanimité : cap développement durable. « Ce plan constitue une note d'orientation pour la majorité, se réjouit… Ecolo. Nous avons voté pour, même si nous le trouvons trop édulcoré, manquant d'actions contraignantes. Ceci dit, nous félicitons le collège. » Plus particulièrement Marc Cools. « Il s'investit beaucoup. C'est un peu l'Ecolo de service au sein du collège, il se mouille. Pas évident pour un échevin MR ! »

Logement. C'est un des grands défis de la commune, confrontée à un manque de logements, une mauvaise desserte de transports en commun, une fâcheuse tendance aux inondations et une avalanche de projets immobiliers. De projet, la commune a le sien, sur le plateau Avijl. Qu'elle a accepté de revoir, en y apportant des « améliorations considérables », souligne le maïeur. Sans pour autant satisfaire les riverains, avec qui le contact est exécrable, déplore Ecolo. Quoi qu'il en soit, pour l'heure, la tutelle bloque le plan communal. « Je ne comprends pas la Région », fulmine Armand De Decker. D'autant moins que cette dernière entend construire sur la plaine du Bourdon. « Un avant-projet inacceptable ! Beaucoup trop massif ! Une invasion brutale ! » Le collège a marqué son opposition – donc Françoise Dupuis aussi. Cocasse : le plan logement de la Région, c'est « son bébé », à l'ancienne secrétaire d'Etat PS.

Travaux. Au Homborch, une 4e crèche et une bibliothèque voient le jour. Le Doyenné revit en tant que Maison des arts, tandis que la rue Xavier De Bue, pavée et vidée des parkings, « a retrouvé son esprit XIXe siècle ».

Sécurité. « C'est le dada d'Armand, se gausse Ecolo. Des caméras par-ci, par-là : il va se targuer de la sécurisation de l'espace public. » Uccle compte depuis peu 18 nouvelles caméras de surveillance, de quoi porter son cheptel à 31 lentilles. « La sécurité est une des préoccupations des Ucclois, rappelle Armand De Decker. La police fait un travail formidable. Sur les quatre dernières années, les statistiques de vol ont chuté de 20 %. »

Le collège. « Soit il mange des petits fours avec la princesse Mathilde, soit il négocie la paix à la conférence des Grands Lacs, raille Stéphane de Lobkowicz. Je me demande si Armand De Decker connaît le chemin de son bureau à la commune. Je le comprends : c'est plus intéressant d'être président du Sénat. » Ecolo souligne une amélioration. « Ses compétences de bourgmestre sont minces. Mais on a l'impression qu'il revient. » Jamais là pour Uccle, le bourgmestre ? En tout cas, à la faveur des couloirs, son slogan de campagne, « Armand est là », a été détourné au moyen d'un simple « R » : « RArmand là ». Pas de quoi démonter l'intéressé. « C'est de bonne guerre. Aux élections sénatoriales, j'ai fait 145.000 voix et ai obtenu la majorité absolue aux communales. Me voilà “condamné” à assumer un cumul. Résultat : je travaille un double horaire. Je passe tous les jours à Uccle ; on peut m'appeler tout le temps ! Il est vrai que durant la crise politique, lorsque j'ai été chargé d'une mission royale, cela a été dur. Heureusement, j'ai de bons échevins. »

A ce propos, Ecolo souligne l'afflux de « sang neuf » au collège, avec la montée de Carine Gol, Joëlle Maison et, mais c'est moins nouveau, Boris Dilliès. « Une plus-value. » D'autant plus que certains de leurs prédécesseurs ne faisaient pas l'unanimité. « La première a “sauvé” la médiathèque ; la seconde a lancé une école en immersion. » Quant au marché public relatif aux 10 km d'Uccle du dernier, il fait toujours l'objet d'une enquête au parquet, rappelle tout de même Stéphane de Lobkowicz.