Réunion des riverains du dimanche 17 décembre Présentation faite par MonsieurBenoit Maldague


Le CQLM a été fondé en 1976/1977 par une quinzaine de personnes, dont M. et Mme Maldague, les parents de Benoît, étaient membres fondateurs.

A l’époque déjà, c’est la menace d’abattage des marronniers qui a motivé la création de ce comité.

Non content d’avoir élargi en 1968 l’avenue de 2x1 à 2x2 bandes de circulation, et supprimé la piste cyclable, le projet de 1976 prévoyait de créer une troisième voie de circulation dans chaque sens, de sorte que notre avenue se serait retrouvée défigurée comme le Boulevard Général Jacques.

Rappelons que les projets prévoyaient également la construction d’une autoroute urbaine appelée « périphérique Sud » qui devait passer grosso modo à la place de la Chaussée de St Job.

Les promoteurs de ces deux projets ont joué sur la division des habitants, essayant de faire croire aux riverains de l’avenue Churchill que le périphérique Sud délesterait le Nord d’Uccle et inversément.

C’est ainsi qu’est née l’association de Comités de Quartiers Ucclois, l’ACQU, qui organisait la solidarité entre habitants du Nord et du Sud de la Commune, affirmant avec force qu’il n’était pas question de rejeter dans un autre quartier la circulation dont personne ne voulait dans son propre quartier.

Le combat a abouti à l’époque à un status quo de la situation existante. Pas d’abattage dans l’avenue Churchill, pas de création d’autoroute à St-Job.

L’ACQU a continué le travail d’information auprès des habitants, à travers le bulletin trimestriel « La lettre aux habitants ». Comme information pertinente dont peu de gens sont au courant, on peut relever un exemple :

L’augmentation du nombre de bandes de circulations disponibles crée un appel de voiture. Savez-vous qu’en passant d’une à deux bandes, on permet de faire écouler 2000 voitures au lieu de 750, soit beaucoup plus qu’un doublement du trafic. En passant à 3 bandes, on passe à 3500, soit pratiquement 5 fois ce qui passe sur une bande. A l’inverse, en réduisant de 2 à une bande on diminue de deux tiers la circulation.

Dans l’histoire plus récente du Comité, on peut citer en 1995 l’action conjointe de l’ACQU et du CQLM contre le PRD (Plan Régional de Développement) qui prévoyait la hiérarchisation des voiries. Pourquoi l’Avenue Churchill, bordée de nombreux immeubles et habités par 5000 personnes, devrait-elle recevoir tout le trafic permettant aux autres quartiers de « respirer » ?

Pendant de nombreuses années, l’ACQU et le CQLM se sont battus pour obtenir la réduction de deux à une seule bande, et une amélioration conjointe des transports en commun.

Ce qui vient d’être dit permet de comprendre qu’au départ, nous n’étions pas du tout défavorables aux transports publics, à condition que ceux-ci soient bien organisés et performants.

En revanche, la situation actuelle est à l’opposé de celle que nous recherchons :

- avec les trams 23 et 90, nous avions deux lignes fréquentes vers la gare du Midi; ces lignes sont anéanties par une réforme du réseau STIB qui oblige la plupart des voyageurs à attendre de nombreuses minutes leur correspondance, que ce soit au RP ou à la Place Vanderkindere.

- nous espérions que le trafic automobile diminuerait, mais comme la STIB ne reçoit pas les moyens de mener une politique cohérente et forte, la circulation automobile ne fait que croître.

Entendons-nous bien : par manque de moyens pour la STIB, nous ne pensons pas tellement aux moyens financiers, mais au manque de cohérence et de priorité politiques, telles que l’onde verte (la télécommande des feux par les trams et bus à tous les carrefours), ou à des aménagements permettant aux transports en commun de passer plus facilement, dans la chaussée de Waterloo à hauteur de la Bascule notamment.

Or, c’est à cause de ce petit tronçon de voie de tram long de 500 mètres dans la chaussée de Waterloo que STIB veut scinder les lignes 3 et 23, sous prétexte que le 23 est bloqué dans les embouteillages de la Bascule qui rendent cette ligne irrégulière. Nous pensons aussi qu’un tunnel pour trams sous le Bois ne serait pas satisfaisant car la trémie défigurerait l’entrée de l’avenue Churchill, sans compter le coût exorbitant et la suppression de la desserte du Centre commercial de la Bascule.

Si le projet de terminus avec la troisième voie prévue par la STIB ne nous satisfait pas, ce n’est pas uniquement à cause du terminus en lui-même (qui, nous venons de le dire, n’est pas très heureux pour les usagers puisqu’il implique des nombreuses ruptures de charge ou correspondances), mais parce que en réalité plusieurs autres projets, distincts, sont imbriqués :

Primo, la région veut abattre tous les marronniers pour ne pas devoir procéder à l’élagage ni au ramassage des feuilles mortes qui coûte cher.

Deuxièmement, à plus long terme, la STIB souhaiterait faire passer des véhicules plus larges que les nouveaux T3000 et T4000 ; les nouveaux trams actuels font 2,40 mètres de large et peuvent passer sans problème mais à l’avenir, la STIB souhaiterait faire passer des trams de 2,65 mètres de large. Cette perspective semble entrer en ligne de compte, lorsqu’on nous prétend qu’il faudrait abattre une rangée de marronniers et pas l’autre.